Notes techniques XIV. Le vibrato II. Premiers exercices


L’article d’hier décrivait les trois manières de produire le vibrato avec le hautbois et concluait en soulignant l’importance de prendre en compte les spécificités de l’instrument afin de choisir le plus pratique. Un hautboïste complet doit maîtriser à la fois le vibrato du diaphragme et de la gorge —il a déjà été expliqué que le vibrato de la mâchoire n’est pas recommandé car il produit un effet très marqué et difficile à contrôler— pour pouvoir les utiliser en raison de la tessiture, nuance ou caractère de l´oeuvre à jouer.

Bien qu’il s’agisse d’un choix personnel basé sur mon expérience, on peut dire qu’en termes généraux un bon vibrato de gorge est idéal pour la plupart des besoins expressifs du hautboïste. Ce vibrato est plus facile à contrôler que le vibrato à diaphragme car de plus petits groupes musculaires sont impliqués et permet à la fois l’embouchure et la colonne d’air de rester intacts, permettant une production du son plus détendue sans altérer la conduction de la phrase, la dynamique ou le timbre du son.

Si nous regardons les instrume ntistes à cordes, nous verrons que ce qu’ils font lorsqu’ils vibrent c’est de déplacer les doigts de la main gauche vers le haut et vers le bas, ce qui fait que le son monte et descend alternativement en modifiant la longueur de la corde. L’oscillation du son est très faible et n’est pas perçue comme une manque de justesse, mais comme un changement de couleur dans le son. Ce mouvement serait l’équivalent, dans notre cas, du mouvement de la langue à l’intérieur de la gorge que nous faisons dans les exercices de son tels que ceux décrits dans le Cahier d’étude. En revanche, pour produire le vibrato ils ne font aucun changement au mouvement de l’archet, ce qui serait l’équivalent de notre support dans le diaphragme qui nous permet de contrôler le phrasé.

La première étape pour travailler sur le vibrato est d’analyser tous les facteurs qui y interviennent et la fonction que chacun. Le vibrato de la gorge est souvent confondu avec le vibrato du diaphragme car ce travail d’analyse préliminaire n’a tout simplement pas été effectué. Nombreux sont ceux qui prétendent à tort qu’ils vibrent avec le diaphragme simplement parce que c’est là qu’ils ressentent le plus clairement le support —qui est effectivement la base de tout le système de contrôle du son—, oubliant ainsi le mouvement qui, parfois inconsciemment, se fait dans la gorge avec la langue.

Exercices préliminaires

Dans les exercices de l’article d’aujourd’hui nous travaillerons sur le vibrato de la gorge —ou vibrato de la langue— à partir de ses aspects les plus fondamentaux et dans les suivants nous proposerons plusieurs exercices qui peuvent être pratiqués de manière indistincte avec le vibrato de la gorge ou celui du diaphragme.

Pour commencer à travailler sur le vibrato de la gorge, il est pratique de commencer à faire les exercices suivants avec l´anche, qui peuvent aussi faire partie du travail quotidien de son:

  • Seulement avec l’anche, jouer une note tenue sans vibrato après avoir fait une inspiration correcte et bien supportée par le diaphragme. Sentir l’air sortir sans effort, simplement en laissant vos muscles abdominaux se détendre. La prononciation de cette note peut être considérée comme celle d’un ééééééé.
  • Répétez ensuite cette même note, mais lorsqu’elle est parfaitement stable, changez la prononciation de la note régulièrement et sans bouger l’embouchure, revenant à la fin à la note sans vibrato —ééééééé-i-é-i-é-i-é-i-ééééééé—. Il n’est pas nécessaire que la note oscille beaucoup, il suffit d’apprécier un changement de couleur dans le son. Pour bien sentir le mouvement, vous pouvez faire l’exercice très lentement, avec le métronome à la noire = 60 et en changeant la voyelle à chaque temps. Si le geste est déjà contrôlé, vous pouvez faire l’exercice à deux fois la vitesse ou avec des rythmes différents. Il est recommandé de commencer et de terminer chaque exercice avec la note tenue sans vibrato pour vérifier que nous contrôlons vraiment l’émission.
  • Si le vibrato est déjà maîtrisé avec l’anche dans la note du milieu, nous pouvons répéter l’exercice avec la note basse —ooooooo-é-o-é-o-é-o-é-ooooooo—.
  • Il ne reste plus qu’à faire l’exercice avec l’anche sur la note aigue, dont avec le hautbois correspondrait au régistre moyen-aigu. La prononciation irait d’un i à un I avec la langue encore plus haute.

Avant de faire des exercices de vibrato avec le hautbois, il est pratique de les travailler pendant un certain temps uniquement avec l’anche, jusqu’à ce que vous sachiez vraiment comment cela se fait et que le geste soit automatisé. Il faut toujours veiller à ce que ce type de vibrato n’affecte pas l’embouchure ou le support du diaphragme, qui doivent rester indépendants par rapport aux mouvements de la langue. Il est également bon d’alterner les notes avec et sans vibrato, pour garder le contrôle à tout moment. Pour cette même raison, il est recommandé de faire ces exercices avec le métronome à différentes vitesses. Plus tard, dans son application pratique dans une œuvre, il est évident que le vibrato ne sera pas mesuré, mais l´avoir travaillé de cette façon facilitera son contrôle avec la vitesse et l’amplitude que le phrasé exige.

JMR


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